Partage des savoirs Sciences Po

Objections et réponses

Cette page recense les objections qui pourraient être faites au projet, et apporte nos réponses à ces objections. Si vous voyez d'autres objections, soumettez-les dans la page de discussion!

Sommaire

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La valeur de mon diplôme va souffrir de la diffusion à tous des savoirs qui me sont enseignés à Sciences Po


La valeur d'un diplôme ne se mesure pas qu'à la qualité (réelle ou perçue) des enseignements. En effet le contenu de la majeure partie de nos cours peut être trouvé dans des manuels largement répandus. La publication, par des professeurs de Sciences Po, d'une collection de manuels reprenant leurs enseignements montre bien qu'ils n'ont pas vocation à rester confinés à nos amphis.

Ce qui fait la valeur de notre diplôme c'est d'abord la réputation de l'institution et de ses élèves, le signal est très important pour les recruteurs, particulièrement dans le système français de grandes écoles.

Nous pensons donc que la large diffusion des enseignements prodigués à Sciences-po ne va pas diminuer la valeur du diplôme de Sciences-po. Au contraire, une telle initiative à vocation à augmenter la visibilité nationale et internationale de notre école (qui serait parmi les seules en France à proposer un tel partage) et à attirer de plus en plus d'étudiants, ce qui augmenterait la notorité de Sciences Po, et par là même la valeur du diplôme.

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Ce projet s'oppose-t-il au droit d'auteur des chercheurs, professeurs et étudiants?

La protection des droits d'auteur est l'une de nos préoccupations principales. Tout d'abord, il faut garder à l'esprit qu'il n'est pas question pour nous de publier un document, quel qu'il soit, sans l'accord de son auteur. Votre droit de divulgation de l'oeuvre reste donc entier.

Seulement, le copyright classique limite la possibilité de partager des savoirs: il interdit la reproduction des oeuvres ou leur modification. Sur Internet, pour des contenus n'ayant pas de valeur commerciale et ayant une vocation pédagogique ou scientifique, l'auteur peut décider de faciliter la diffusion de son oeuvre en concédant certains droits au public, tout en en réservant d'autres.

Pour cela, on peut publier son oeuvre sous une licence (contrat) d'utilisation définissant les droits de l'auteur comme du public. Par exemple, l'une des licences Creative Commons permet le partage de documents, tout en rendant la citation de l'auteur obligatoire, et en interdisant la modification ainsi que l'utilisation commerciale de ces documents.

Pour plus d'informations, voir notre synthèse sur le droit d'auteur.

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Ce projet risque de favoriser un plagiat à grande échelle à Sciences Po, pour les fiches techniques, les exposés...

Au contraire, non pensons que la mise en place d'une plateforme de partage des travaux va permettre de réduire le plagiat.

En effet de nombreux travaux, fiches techniques, mémoires ou exposés, circulent déjà sur Internet, et sont partagés plus ou moins secrètement, voire se retrouvent sur des sites à l'accès payant. Les enseignants sont parfois au courant de ces pratiques, parfois non, et donnent souvent exactement les mêmes travaux (les programmes ne changeant pas) d'une année sur l'autre. Si un étudiant veut plagier un exposé ou une fiche technique, il est fort probable qu'il puisse trouver un travail en quelques échanges d'e-mail.

La possibilité de plagier est donc déjà bien réelle. Mais si l'ensemble des travaux des élèves était disponible sur une plateforme de partage, le plagiat deviendrait beaucoup plus difficile. Un enseignant pourrait ainsi prendre connaissance immédiatement de l'ensemble des travaux effectué dans toutes les conférences, y compris les années auparavant. En cas de suspicion, une simple recherche permettrait de caractériser le plagiat. Copier une fiche ou un exposé deviendrait dès lors impossible.

Cette plateforme présenterait un autre avantage: les enseignants pourraient diversifier les travaux demandés pour compléter la ressource documentaire disponible pour les étudiants. Au lieu de faire une fiche technique sur un sujet déjà traité, l'exercice pourrait être d'en mettre plusieurs à jour, d'en compléter certaines, afin d'augmenter la richesse des contenus partagés, et donc les savoirs à disposition des étudiants et du grand public.

Le but de ce projet n'est donc pas de fournir aux étudiants une source de plagiat facile, mais plutôt une nouvelle source de documentation, à travers les travaux réalisés précédemment et leurs bibliographies.

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Ce projet va vider les amphithéâtres de tous les étudiants!

Comme dit plus haut, le contenu de beaucoup de cours peut être retrouvé dans de nombreux manuels facilement disponibles, les plans et documents disponibles dans les cours en ligne de Sciences Po permettent de connaître les sujets abordés par le professeur. Ainsi, il est tout à fait imaginable, si l'on travaille la matière par soi-même, de valider les crédits du module sans jamais assister au cours magistral.

Pourtant les amphis sont rarement vides... Pourquoi?

Parce qu'un manuel, aussi bon soit-il, ne pourra jamais remplacer un professeur. De même, la publication des cours sur Internet n'a pas vocation à remplacer les cours magistraux. Ainsi de nombreux cours pris en notes par des élèves circulent déjà sur Internet, et n'ont jusqu'à présent pas vidé les amphis, l'horaire ou la réputation du professeur semblent avoir beaucoup plus d'effet sur l'absentéisme que la disponibilité des cours en ligne.

Notre objectif est la complémentarité : savoir que le cours sera disponible en ligne permettra aux élèves de se concentrer plus sur le cours en lui-même que sur une prise de notes frénétique. La mise en ligne des cours pourrait également aider ceux qui n'ont pu assister à certains cours, et qui n'ont pas forcément quelqu'un à disposition pour leur prêter leurs notes.

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Cet espace ne va pas inciter les étudiants à faire des recherches ou à développer une réflexion personnelle, il sera trop difficile de prendre de la distance avec des travaux publiés...

Cette critique aurait pu être faite aux premiers auteurs de manuels ou aux premières bibliothèques. Pourtant, l'omniprésence des manuels ou autres ouvrages didactiques et la facilité de l'accès à ces oeuvres à la bibliothèque n'ont pas fait disparaître le besoin de faire des recherches plus poussées sur un sujet, ou encore l'esprit critique et la réflexion personnelle.

Ce projet ne propose rien d'autre qu'un nouvel outil. En tout état de cause, cet outil, s'il facilite l'accès aux travaux des autres, ne se substitue aucunement à la réflexion et à la recherche documentaire que nécessitent tout exercice académique et plus généralement tout apprentissage. Rappelons que tout étudiant qui voudrait se livrer à la facilité en copiant un autre travail s'exposerait un risque non négligeable, bien plus dissuasif qu'aujourd'hui: s'il a eu accès à ce travail, son correcteur aura aussi accès à la version originale!

Enfin, si les étudiants ont vraiment peur de voir leur réflexion bridée par l'exemple d'un autre travail, libre à eux de ne pas utiliser cet outil.

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L'auteur et sa qualité doivent être facilement identifiables

Pour favoriser un contenu de qualité et donner de la crédibilité à l'espace de partage des savoirs, il semble important de responsabiliser l'auteur qui le publie: la publication anonyme semble donc problématique, n'offrant aucune traçabilité à l'utilisateur de la ressource. Si l'auteur n'est pas prêt à assumer publiquement son travail, rien ne l'obligerait à le publier.

En revanche, il peut être légitime de ne pas vouloir qu'une recherche dans un moteur de recherche permette de retracer tous les travaux d'un ancien étudiant par exemple. Les avis demeurent donc partagés sur le sujet...

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Toutes les fiches techniques réalisées ne sont pas intéressantes...

Ce raisonnement tient pour une publication papier: si le sujet d'un ouvrage n'intéresse personne, il n'est pas rentable de le publier. Il faut donc trier ce qui sera publié et ce qui ne le sera pas. Mais sur une plateforme où chacun peut publier son travail, le coût marginal de publication d'un travail tend vers zéro et la capacité de stockage ne fait pas défaut.

Toutes les fiches techniques ne sont en effet pas susceptibles d'intéresser un vaste public. Pour autant, il est impossible de dire qu'une fiche technique n'intéressera personne: si un maître de conférence a jugé utile qu'elle soit traité par un(e) étudiant(e), son sujet peut intéresser quelques visiteurs. Toutes les fiches de qualité que les auteurs souhaitent partager doivent donc être les bienvenues.

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La qualité des travaux des étudiants est inégale...

En effet, tous les travaux susceptible d'être publiés ne se valent pas, et certains peuvent être mauvais. Si un contrôle préalable de la qualité de chaque travail serait trop lourd à mettre en place, on peut tout à fait imaginer un processus de publication et d'évaluation ou de révision par les pairs: un mauvais travail d'étudiant pourrait dans ce cas être marqué comme tel par d'autres étudiants ou par des enseignants, et ainsi être retiré, au moins temporairement, de l'espace de partage. Au contraire, des travaux relus par plusieurs pairs pourraient faire l'objet d'un marquage montrant leur qualité.

En publiant sur un même espace plusieurs types de travaux, il ne s'agit aucunement de laisser à penser qu'ils sont tous d'une qualité équivalente. Les solutions imaginées par Wikipédia à ce problème montrent qu'il est possible de publier beaucoup de travaux sans faire de nivellement par le bas.

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Accès du public aux savoirs et passagers clandestins

Il existe deux visions du partage des savoirs: le partage peut être conçu comme un échange direct ou comme une mise à disposition. Dans le premier cas, on attend du bénéficiaire du partage qu'il rende directement une contrepartie de même nature, qu'il contribue en publiant un travail. Si cette rétribution n'est pas faite, on parle de passager clandestin. C'est l'approche que semble avoir adopté l'UNEF Sciences Po pour sa "Mutuelle des fiches techniques".

L'autre approche consiste à faire de l'accès de tous aux savoirs la priorité. En effet, la réciprocité exigée interdit de fait l'accès aux savoirs à celui qui ne peut produire le type d'exercice demandé. Si cette logique était poussée à l'extrême, ne pourrait consulter un livre que celui qui en a déjà écrit un autre. Si l'on se fixe pour objectif d'offrir au plus grand nombre (donc au grand public, y compris extérieur à Sciences Po ou au territoire national...) l'accès aux savoirs, cette restriction doit être levée. Dans cette optique, il n'est pas grave qu'il y ait des passagers clandestins: c'est même l'objectif.

Dans ce cas, comment expliquer que certains fassent l'effort de contribuer? Tout d'abord, cet effort ne représente pas un investissement très important. L'altruisme, la volonté de partager la chance qu'ils ont eu avec d'autres, peuvent remplacer l'incitation du profit escompté et de l'exclusivité dans le système de réciprocité. De plus, un effet d'entraînement peut jouer: au MIT, si seuls une poignée de professeurs ont commencé à partager leurs notes de cours en 2001, ils sont aujourd'hui plus de 70%.

Pour que le projet ait un sens dépassant la mise en place d'un outil bénéficiant aux membres de la communauté de Sciences Po, pour qu'il serve l'accès aux savoirs du plus grand nombre mais aussi une plus grande notoriété et une image d'ouverture pour l'institut, il apparaît nécessaire de dépasser le stade du partage limité par la réciprocité et de partager les savoirs avec le plus grand nombre.

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Le choix d'Internet pour la mise à disposition de savoirs n'implique pas forcément une excellente visibilité pour les travaux

En effet, ce n'est pas parce qu'un travail est disponible sur le web qu'il est visible et qu'il procure une plus grande notoriété à son auteur. Cependant, le fait qu'un travail soit publié, même par une maison d'édition renommée ou dans un grand journal scientifique, ne garantit pas non plus une visibilité parfaite! En offrant un contenu à l'indexation par les moteurs de recherches, en choisissant de publier ses travaux sur une plateforme adaptée et centralisée, en ouvrant l'accès aux internautes du monde entier, on ne dégrade la visibilité de ses travaux que s'ils sont déjà publiés par des éditeurs ou journaux demandant l'exclusivité de la publication... En sachant que de plus en plus de journaux vont vers une publication en accès libre, chaque auteur sera libre de faire le choix de publication qui lui donnera la plus grande visibilité et notoriété.

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Si les exposés sont en grande partie disponibles à tous, les maîtres de conférence risquent de rechercher des sujets toujours plus spécifiques

En formalisant et en rendant officiel le partage des savoirs (fiches techniques, exposés et notes de cours circulent déjà largement entre les étudiants), ce projet pourrait modifier les demandes des maîtres de conférences.

En ce qui concerne les fiches techniques, ils pourraient demander à ce que des fiches existantes soient améliorées ou actualisées, mais aussi donner de nouveaux sujets. Pour cet exercice, une telle évolution ne semble pas remettre en cause ses objectifs pédagogiques.

Pour l'exposé, exercice de réflexion plus personnelle et plus orienté vers la synthèse, il semble qu'un profond renouvellement des sujets serait plus dommageable, s'ils en devenaient trop étroits. Il faut donc faire confiance aux équipes pédagogiques pour la mise en place d'un tel outil n'induise pas de changements dommageables à la formation des étudiants.

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